Tribune Libre : « Comprendre les exigences des touristes chinois hyper connectés à Paris » par Franklin Yao, Managing Director China chez Yext

Comprendre les exigences des clients chinois hyper connectés à Paris

par Franklin Yao, Managing Director China chez Yext

C’est en 2005 que j’ai pu constater la résilience des Chinois alors que j’étais témoin d’un spectacle inédit : une queue de plus de 90 minutes pour acheter des gâteaux vapeur. A 30 centimes d’euros le sachet de 8, le rapport temps d’attente/prix semblait disproportionné et ces instants passés à attendre auraient sûrement pu être optimisés… Cette scène serait inenvisageable aujourd’hui, tant l’arrivée des applications mobiles a changé le rapport au temps des Chinois.

Une addiction à WeChat…

Aujourd’hui, quand nous pensons à l’écosystème digital en Chine, nous avons à l’esprit Tencent et son application omnisciente WeChat. Pourtant QQ Messenger, le tout premier produit de Tencent, a encore aujourd’hui 880 millions d’utilisateurs actifs par mois. QQ Messenger a été lancé en 1999, à une époque où les Chinois étaient très pauvrement équipés en ordinateur et où les cybercafés étaient légion. Avec un compte QQ Messenger, l’utilisateur chinois avait accès à une myriade de fonctionnalités et de jeux, pour échanger avec des amis ou des inconnus. Ce besoin de communication effréné et de messageries instantanées n’a été que renforcé par l’émergence des smartphones et se concentre désormais sur WeChat.

… compensée par un besoin de contrôler le temps

Les Chinois sont devenus hyper connectés mais en parallèle souhaitent maîtriser le temps qu’ils consacrent à leur vie virtuelle. L’immense succès du site de partage de vidéos Douyin,qui a atteint 150 millions d’utilisateurs actifs en juin 2018, est un bon exemple de ce paradoxe. L’application, équivalente à Vine, propose des vidéos de 15 secondes personnalisées selon les préférences de chacun. Et d’un simple geste, l’utilisateur peut passer à la prochaine. Le concept est tellement addictif, que son éditeur Bytedance a déployé des mesures anti-addiction limitant l’utilisation à 90 minutes. Mais avec Douyin, les Chinois peuvent reprendre le contrôle de leur temps et choisir de ne plus jamais s’ennuyer.

En Chine mais aussi à Paris !

Ce rapport fusionnel aux smartphones se transporte au-delà des frontières chinoises et n’en est qu’à ses prémisses. Alors que l’on voit de plus en plus de touristes à Paris et en Europe utiliser leur téléphone pour se repérer et localiser les magasins, gardons en tête, que cette utilisation du mobile n’est qu’au démarrage. À l’heure actuelle, seulement 6% de la population chinoise possède un passeport, mais les touristes chinois ont déjà dépensé 261 milliards de dollars en 2016, soit deux fois plus que ce que dépensent les touristes américains dans le monde. Bien qu’il y ait eu 135 millions de voyages à l’étranger en provenance de Chine en 2016, le président Xi Jinping estime que ce nombre passera à 700 millions d’ici 2022.

Le tourisme est aujourd’hui un vecteur de l’influence chinoise dans le monde. Une diffusion notamment facilitée par la simplification des conditions de voyage pour les Chinois et les accords passés avec de nombreux pays. Et une fois de plus, le téléphone mobile est au centre de toutes les attentions. Avec des applications comme Baidu Map, Dianping et Mafengwo, les Chinois peuvent facilement naviguer, chercher des informations, trouver des offres et écrire des avis. Il est également important de préciser que le pare-feu chinois s’applique également lorsque les Chinois voyagent :  c’est toujours impossible d’accéder à Google ou à Facebook, même en France.

Une manne pour les marques européennes, souvent sous exploitée

L’ironie de ces nouvelles opportunités est qu’ il est très difficile pour les marques européennes de collaborer avec des plates-formes telles que Baidu, Alibaba et Tencent (BAT). Les fameux BAT ont pour objectif de vendre de la publicité, mais aussi des produits et des services et de rendre l’expérience utilisateur aussi attrayante que possible. En revanche, s’assurer que leurs informations de marques sont exactes et à jour n’est pas une priorité pour eux et est souvent une pensée après coup. Un grand déficit de visibilité pour les marques et leurs magasins, dont les adresses, horaires d’ouverture, etc,… ne sont pas forcément exactes sur ces plateformes lorsque les touristes chinois cherchent des informations sur un point de vente en France ou même en Chine.

Pour cette raison, Yext a construit son activité dans le monde, et en Chine particulièrement, autour de plateformes intelligentes. Construire un réseau autour d’éditeurs clés tels que Baidu Maps, Alibaba Maps, Tencent, WeChat, 360 et Sogou s’est avéré incontournable et ce dans une vision à long terme. En Chine sans doute plus qu’ailleurs, construire une relation implique d’avoir une perception approfondie des entreprises avec lesquelles nous travaillons, de comprendre les indicateurs clés de performance et de nouer d’excellentes relations interpersonnelles. Grâce à ces relations privilégiées, Yext garantit aux marques européennes et à leurs points de vente d’être correctement référencés sur Baidu, Alibaba et Tencent et de ne rater aucune opportunité de drive-to-store en Chine et même Europe.

Il y a un terme en chinois, qui jusqu’à maintenant était moins utilisé, shun li. Cela veut dire que quelque chose se passe bien, sans accroc. Un nouveau mantra de vie pour les Chinois, aujourd’hui devenu possible grâce aux technologies.

Plus d’information sur https://www.yext.fr/

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